S’il est vraiment un dossier trop souvent traité de manière dogmatique, c’est bien celui de la mobilité. Certes, il y en a d’autres, me direz-vous, mais la mobilité stigmatise, à tort mais remarquablement bien, ce qui fait la différence entre les forces de droite et de gauche.
Il est vrai que le Conseil national discute actuellement d’une initiative "anti-4x4" déposée par les Verts et combattue par la droite. De même, la récente votation sur la traversée de Vésenaz a mis en lumière, une fois de plus, cette opposition.
Toutefois, l’ancien Conseiller d’état Christian Grobet était farouchement opposé à l’autoroute de contournement, mais l’a inaugurée en grande pompe dès les travaux terminés. Je l’imagine même fier d’avoir contribué à sa construction. Cela démontre que la vérité d’hier n’est pas forcément celle de demain. Même au sein de notre propre formation, les positions peuvent diverger. le CEVA en est un exemple frappant.
La récente augmentation des tarifs des TPG a ému certains citoyens et des élus de l’extrême gauche genevoise ont hurlé au scandale. Mais la qualité a un prix, même lorsqu’il s’agit d’un service public; c’était donc la droite qui, seule, plaidait alors en faveur de transports publics performants.
La mobilité est associée aux notions de fluidité et d’aménagement, de transport individuel et de service public. les libéraux ont toujours soutenu le financement des grandes infrastructures et les transports en commun; ils regrettent vivement que les grands projets comme celui de la traversée du lac stagnent depuis plusieurs dizaines d’années, alors que le canton a cruellement besoin de cet ouvrage désormais seul à même de désengorger le centre-ville.
À ce titre, la gauche tente régulièrement de bloquer tous travaux sur la rade. la tentative d’a gauche toute de faire inscrire les bords du lac genevois au patrimoine de l'UNESCO était une manœuvre politique qui illustre parfaitement cette démarche. Ce fut un échec, mais ce n’est malheureusement que partie remise.
L’immobilisme n’est en rien une solution pour promouvoir la mobilité!
Si, grâce à une droite raisonnable, la guerre des transports n’a pas lieu, il existe une guérilla insidieuse et de nombreuses oppositions malvenues. Les automobilistes sont perpétuellement stigmatisés comme des fanatiques de la mobilité dite "dure" par opposition, une fois de plus, à la mobilité dite "douce".
Seul un consensus durable et équilibré sur la complémentarité des transports permettra de garantir un sain développement de notre cité. Cyclistes, motards, automobilistes, chauffeurs professionnels, usagers des transports en commun et piétons doivent impérativement cohabiter de façon harmonieuse.
À quoi ressemblerait un monde dans le- quel il n’y aurait plus de choix, mais un dictat du transport qui ne proposerait aux citoyens qu’un seul et unique véhicule, quel qu’il soit?
On ne peut remplacer un mode par un autre. À ce titre, la photo n’a pas remplacé la peinture et le web n’a pas supplanté le livre.
Concernant le CEVA, Mark Muller a trouvé des solutions avec 28 recourants. il en reste 28 autres! C’est une attitude schizophrène que de pratiquer la "recourite" à tout va et bloquer le système tout en dénonçant l’incapacité de nos élus de trouver les solutions indispensables au développement de notre canton exigu, et donc exigeant en terme de planification et d’aménagement.
Cyril Aellen Président
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